On ne sait pas QUAND, mais on sait OÙ !

J’entends les pompiers parler des feux en Gironde, de la vitesse de propagation, de l’intensité des feux. J’entends qu’il y a des victimes, parmi les pompiers, parfois parmi les habitants. En plus de tous les dégâts à l’environnement (notamment à la vie sauvage captive), aux habitations, …. Est-ce indécent de mentionner les couts :

  • couts directs des services d’incendies : avions, pompiers, matériels, produits,
  • couts directs des forces dites de l’ordre : mobilisation des gendarmes, salaires, équipements,.
  • couts directs des destructions des maisons / bâtiments
  • couts à court et moyen terme sur le tourisme
  • etc.

Et cela me donne l’occasion de poursuivre ma réflexion sur le risque d’incendie et les responsabilités de chacun .

OLD. Obligation légale de débroussailler 50 m autour de sa maison. Ça aide surement, mais c’est nettement insuffisant dans le contexte que décrivent les pompiers. Et dans le contexte que nous vivons : pas de pluie depuis 3 mois, des températures diurnes supérieures à 35° depuis fin mai. C’est sec et bien sec ! J’en ai parlé sur cette page https://les-aspes.fr/2026/07/17/incendies-la-question-nest-plus-si-mais-quand/

On ne sait pas QUAND, mais on sait OÙ !

Alors, il y a la carte des aléas feu de foret dans l’herault . Je vous en mets un extrait, centré sur St Bauzille de Montmel.

Avec la légende

Toutes les zones en violet sont à risque exceptionnellement élevé. Cela correspond aux cauchemars des pompiers.

Donc, on le sait, on sait où c’est. On peut connaitre facilement qui sont les propriétaires de ces terrains.

Et ? …..

Et rien du tout !

On peut faire mieux ! Pour préserver la vie des pompiers, pour réduire leurs risques, pour réduire les risques sur nos biens, nos cadres de vie, pour préserver la vie sauvage, pour réduire les couts de la lutte contre les feux, etc.

Quoi faire ? On peut prendre le temps de demander aux services de l’État concernés par tout ça. Un professionel des forets va tout de suite nous dire ce qu’il faudrait changer ( mais pas comment le faire).

On peut aussi réfléchir et agir à l’échelle de la commune.

Papy n’a pas la mémoire du bon vieux temps

Il fait plus chaud qu’avant … ou …. il y a toujours eu des canicules…… on entend de tout !

D’abord l’origine du mot « canicule » qui fait penser à canis , le chien. C’est très bien expliqué dans le livre « Les mots du ciel »

Le mot canicule vient du latin canicula, diminutif de canis, le chien. Canicula signifie littéralement petite chienne — et désigne en fait l’étoile Sirius, l’astre le plus brillant de la constellation du Grand Chien (Canis Major).

Or, dans l’Antiquité romaine, les plus fortes chaleurs de l’année coïncidaient avec le lever héliaque de Sirius, autrement dit le moment où l’étoile réapparaît à l’aube, peu avant le lever du soleil. Ce phénomène astronomique se produisait, à Rome, entre mi-juillet et mi-août. Les Anciens associaient donc la chaleur accablante de cette période à la présence du petit chien dans le ciel : la canicula… d’où l’expression dies caniculares, les jours du petit chien, que nous avons sagement raccourcie en canicule.

Et que nous disent les archives de la méteo ?

Il faut prendre un tout petit peu de temps pour réaliser l’évolution. A gauche, 1964, 1966; 1967, 1969, 1972 : aucune journée avec+ de 35° . AUCUNE ! A partir de 2012 : TOUTES et pas qu’un seul jour. En 2025 : 30 jours avec des températures >35°.

Et en 2026, à ce jour (fin juillet), on n’a eu qu’une seule canicule, mais c’est depuis fin mai et elle n’est pas encore terminée. On en est à 60 jours ! Qui ose encore dire qu’on a toujours eu des canicules ? Que c’est normal ?

Pourquoi et comment on en arrive là ? Tout est bien expliqué dans une vidéo très technique. :

En 2 mots : le soleil nous apporte de l’énergie avec la lumière. La terre réfléchit cette lumière vers l’espace, mais pas avec les mêmes caractéristiques. Moins d’UV, plus d’infra-rouge. Je simplifie. Ce ne serait pas un problème si ……. mais le CO2 dans l’atmosphère capte un peu d’énergie infra-rouge qui aurait du s’évacuer dans l’espace. Un peu ….. mais chaque jour. Et après 1 siècle, on en voit les effets !

Voir comment le taux de CO2 a évolué au cours du temps :

Source : https://cycleducarbone.ipsl.jussieu.fr/index.php/visiteurs/des-faits-marquants/24-augmentation-plus-rapide-du-co2-dans-l-atmosphere.html

Le coup est parti. La température va augmenter, c’est imparable, inévitable. Même si on arrête toute consommation d’énergies fossiles. On est dans la situation du fumeur qui après 20 ans de clopes sait qu’il y a un problème, peut encore choisir continuer à fumer et aggraver son cas ou arrêter et stabiliser son problème (en croisant les doigts).

Aucune décision de limiter la consommation des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) n’est d’actualité.

Aucune limitation volontaire des individus : toujours + de voyages en avion, toujours + de voitures, toujours plus de plastiques (qui finissent à l’incinérateur), toujours plus d’engrais azotés (à base de gaz naturel, la production produit du CO2).

Aucune décision politique de réduire les besoins ou de limiter la consommation. Réduire les besoins, c’est organiser autrement la société : favoriser les transports en commun, favoriser les productions et consommations locales (et pas la grande distribution), …

Limiter la consommation, c’est interdire les courts vols en avion, c’est réduire la vitesse maximale autorisée sur les autoroutes, supprimer le tour de France et toutes les grosses manifestations internationales « qui sont « inutiles » …. Article du Monde disponible sur demande.

Personne n’est prêt à entendre qu’il faut changer des choses ….. donc on va cramer !

Incendies : la question n’est plus Si mais QUAND

Le paysage « inflammable » est composé du

  • domaine privé des particuliers, construit, soumis à l’obligation légale de débroussaillage, OLD
  • domaine privé des particuliers et des collectivités non bâti : friches, champs, forets, réserves naturelles, ….
  • le domaine public : berges des cours d’eau ( ripisylve)

Dans le sud de France, en zone rurale, on connait tous l’OLD qui sert à protéger les constructions, les habitations. Le terrain situé à moins de 50 m de la construction doit être maintenu en état de risque d’incendie minimal : végétation basse, bosquets isolés, houppiers des grands arbres isolés, ….

Le débroussaillement consiste à réduire les matières végétales de toute nature (herbe, branchage, feuilles…) pour diminuer l’intensité des incendies et freiner leur propagation. Il peut s’agir, par exemple, d’élaguer les arbres ou arbustes ou d’éliminer des résidus de coupe (branchage, herbe…).

En cas d’incendie de foret / garrigue, le risque de voir sa maison partir en fumée est réduit. C’est déjà pas mal.

Mais.

On a eu plusieurs incendies à St Bauzille de Montel ; 4000 ha (1989), 3000 ha (2010), 80 ha (2015) C’est la garrigue qui est partie en fumée. En 2025, 17000 ha sont partis en fumée dans l’Aude (une personne décédée, …) et je suis passé dans la région peu après. Ce qui fait réfléchir.

Que de pertes, que de dépenses en urgence, que de risques pour les pompiers 1, pour les personnes …. on peut mieux faire !

Si on regarde le paysage, on voit que rien n’est fait pour limiter le risque d’incendie et quand le feu démarre, il est difficile à arrêter. Cela demande des moyens que le gouvernement ne finance pas. (Parenthèse politique : la France trouve des ressources pour envoyer des € et des armes en Ukraine pour y cramer le paysage, c’est donc une question de choix pas de moyen).

Et pourquoi ne fait-on rien pour diminuer le risque global d’incendie ?

Pour tout ce qui est agricole, Et Philippe Grégoire en parle dans une vidéo, https://www.youtube.com/watch?v=-FqmqFiwjpc , les agriculteurs pourraient jouer un rôle important si …. si l’agriculture était rentable, si le système agricole était favorable à des pratiques de culture et d’élevage adaptées. Si les habitants d’une commune s’engagent à acheter les produits des bergers aux prix qui leur permettent de vivre de leur travail, dans la commune. C’est un cout de dizaines d’€ par an et par personne, bien moins que le cout de la perte liée à un incendie.

Les agriculteurs sont poussés à laisser des terres en jachère …. poussés par la politique agricole ou par les lois sur les baux à ferme ou par la spéculation foncière ou par l’absence de repreneur en cas de départ à la retraite ou …. Et une jachère, c’est une friche, de hautes herbes sèches, ….

Les garrigues sont considérées comme totalement improductives, rentabilité zéro. À part un peu de chasse peut-être … On peut même se demander pourquoi des particuliers conservent ça dans leurs patrimoines. Et donc, ces particuliers ne font strictement rien sur ces terrains. Ni piètre exploitation ni prévention des incendies. Et cela fait des centaines d’hectares qui vont alimenter et propager des incendies.

Les communes ne font pas mieux. Et parfois pire quand les communes préemptent des terres agricoles pour les classer en zone naturelle et ne rien faire dessus : aucune protection contre les incendies. Cette démarche « écologique » pouvait s’entendre il y a longtemps, mais avec le changement du climat et la sévérité des canicules, cela me semble tout à fait contre-productif. Il vaut mieux un pâturage pour les chevaux ou un champ pour récolter du foin qu’une friche. Et si, à terme, c’est pour avoir une foret de frênes, alors il faut se donner les moyens pour protéger les jeunes arbres et leur laisser le temps de grandir. (je pense au terrain entre Serre de Canne et la route de Sommières, là où il y a une jeune plantation d’oliviers, près du Braou).

Maintenant, pour avoir plus de biodiversité, on ne peut plus se contenter de laisser faire le temps et la nature, il faut impérativement prendre soin, protéger.

Et on ne devrait plus accepter un manque total de prévention dans les garrigues et les pinèdes.

  1. https://actu.fr/occitanie/generac_30128/l-avion-devalait-la-colline-et-n-est-jamais-remonte-dans-le-gard-le-douloureux-souvenir-des-crashs-d-avions_64514730.html ↩︎

saison 2026

J’ai réduit fortement ma production, je conserve une parcelle dite de subsistance (statut MSA), qui me permet de vendre au jardin.

La qualité est au top :, garanti sans pesticides (même autorisé en bio) et certifié BIO.

C’est au jardin uniquement.