Le paysage « inflammable » est composé du
- domaine privé des particuliers, construit, soumis à l’obligation légale de débroussaillage, OLD
- domaine privé des particuliers et des collectivités non bâti : friches, champs, forets, réserves naturelles, ….
- le domaine public : berges des cours d’eau ( ripisylve)
Dans le sud de France, en zone rurale, on connait tous l’OLD qui sert à protéger les constructions, les habitations. Le terrain situé à moins de 50 m de la construction doit être maintenu en état de risque d’incendie minimal : végétation basse, bosquets isolés, houppiers des grands arbres isolés, ….
Le débroussaillement consiste à réduire les matières végétales de toute nature (herbe, branchage, feuilles…) pour diminuer l’intensité des incendies et freiner leur propagation. Il peut s’agir, par exemple, d’élaguer les arbres ou arbustes ou d’éliminer des résidus de coupe (branchage, herbe…).
En cas d’incendie de foret / garrigue, le risque de voir sa maison partir en fumée est réduit. C’est déjà pas mal.
Mais.
On a eu plusieurs incendies à St Bauzille de Montel ; 4000 ha (1989), 3000 ha (2010), 80 ha (2015) C’est la garrigue qui est partie en fumée. En 2025, 17000 ha sont partis en fumée dans l’Aude (une personne décédée, …) et je suis passé dans la région peu après. Ce qui fait réfléchir.
Que de pertes, que de dépenses en urgence, que de risques pour les pompiers 1, pour les personnes …. on peut mieux faire !
Si on regarde le paysage, on voit que rien n’est fait pour limiter le risque d’incendie et quand le feu démarre, il est difficile à arrêter. Cela demande des moyens que le gouvernement ne finance pas. (Parenthèse politique : la France trouve des ressources pour envoyer des € et des armes en Ukraine pour y cramer le paysage, c’est donc une question de choix pas de moyen).
Et pourquoi ne fait-on rien pour diminuer le risque global d’incendie ?
Pour tout ce qui est agricole, Et Philippe Grégoire en parle dans une vidéo, https://www.youtube.com/watch?v=-FqmqFiwjpc , les agriculteurs pourraient jouer un rôle important si …. si l’agriculture était rentable, si le système agricole était favorable à des pratiques de culture et d’élevage adaptées. Si les habitants d’une commune s’engagent à acheter les produits des bergers aux prix qui leur permettent de vivre de leur travail, dans la commune. C’est un cout de dizaines d’€ par an et par personne, bien moins que le cout de la perte liée à un incendie.
Les agriculteurs sont poussés à laisser des terres en jachère …. poussés par la politique agricole ou par les lois sur les baux à ferme ou par la spéculation foncière ou par l’absence de repreneur en cas de départ à la retraite ou …. Et une jachère, c’est une friche, de hautes herbes sèches, ….
Les garrigues sont considérées comme totalement improductives, rentabilité zéro. À part un peu de chasse peut-être … On peut même se demander pourquoi des particuliers conservent ça dans leurs patrimoines. Et donc, ces particuliers ne font strictement rien sur ces terrains. Ni piètre exploitation ni prévention des incendies. Et cela fait des centaines d’hectares qui vont alimenter et propager des incendies.
Les communes ne font pas mieux. Et parfois pire quand les communes préemptent des terres agricoles pour les classer en zone naturelle et ne rien faire dessus : aucune protection contre les incendies. Cette démarche « écologique » pouvait s’entendre il y a longtemps, mais avec le changement du climat et la sévérité des canicules, cela me semble tout à fait contre-productif. Il vaut mieux un pâturage pour les chevaux ou un champ pour récolter du foin qu’une friche. Et si, à terme, c’est pour avoir une foret de frênes, alors il faut se donner les moyens pour protéger les jeunes arbres et leur laisser le temps de grandir. (je pense au terrain entre Serre de Canne et la route de Sommières, là où il y a une jeune plantation d’oliviers, près du Braou).
Maintenant, pour avoir plus de biodiversité, on ne peut plus se contenter de laisser faire le temps et la nature, il faut impérativement prendre soin, protéger.
Et on ne devrait plus accepter un manque total de prévention dans les garrigues et les pinèdes.