Prix à la mi-septembre

Je n’ai pas changé mes prix,

  • toujours 2€50/kg pour les tomates / aubergines / poivrons, les tomates sont bien moins belles qu’en juillet. Il n’y en a plus pour très longtemps, hélas.
  • 1€ la salade,
  • 1e le gros bouquet de persil, le gros bouquet de céleri branches
  • le basilic est offert.
  • Potimarron, butternut, …. 1€50 le kilo.

Je n’ai plus de courgettes, l’oïdium a dévasté les plants (et je ne traite pas) et la saison des concombres est quasi finie aussi.

https://rnm.franceagrimer.fr/prix?M3027%3AMARCHE# est ma référence pour les prix. Je compte 50% ou 60 % des prix de détail constatés en France.

Quels prix en 2023 ?

Je viens d’acheter de l’engrais BIO en sacs de 25 kg, une palette complète, donc pas exactement le prix de détail. L’an dernier, c’était 13 € le sac, hier, j’ai payé 21€50 le même produit. En gros : 2x plus cher.

Très logiquement, vu que les autres intrants ont aussi augmenté, les prix de détail des légumes, dans les prochains mois, prochaines semaines, va sérieusement augmenter, même ici, dans mon petit jardin.

Pour la grande distribution, il faut ajouter les couts des transports (péages et carburants) et les couts de la chaine du frais (frigo qui fonctionnent à l’électricité). Je n’ai pas ces couts, c’est pour cela que je peux encore avoir des prix de 50 % à 60 % du prix moyen constaté en magasin de détail.

J’attends de voir ma facture d’eau d’irrigation. Le prix du m3 était fixé pour la saison, mais la consommation d’eau, pour faire face à la canicule, a augmenté. BRL pompe l’eau à Mauguio, dans le canal, avec de pompes électriques, je n’imagine pas que les couts de pompage soient stables et que le m3 reste au même prix.

La bâche transparente qui couvre une serre valait 600 €, pour une serre de 26 m de long et 9 m de large, en 2019. Je devrais changer en 2024. Il me faut donc faire une provision et prévoir un montant largement supérieur.

Le sac de terreau pour semis est passé de 7 à 10 €, ça va encore !

Bref, vous l’aurez compris, on va faire face à quelques changements dans notre société.

Surprises ?

Non pas tellement. On vient d’avoir des élections (en France) et mis à part le programme “l’Avenir en Commun“, aucune amorce de politique agricole, de politique sociale, aucune idée des urgences sur l’eau, le climat, la souveraineté alimentaire …

Le programme “AeC” mentionnait le besoin de planification, le besoin de retour à des emplois dans le secteur, le besoin d’installer des jeunes en remplacement des 25% de fermes qui vont voir partir leurs paysans à la retraite dans les prochaines années, faisait la promotion d’agricultures et d’élevages respectueux de la Vie …., 50% des citoyens ont préféré ne pas voter et seulement 20 % des autres avait compris l’importance du sujet.

Et maintenant diversion médiatique sur la question des retraites dont le C.O.R. dit qu’il n’y a pas nécessité et encore moins urgence.

On va dans le mur et la dernière goutte permet encore d’accélérer.

Le crottin de cheval !

J’entends très souvent des commentaires sur l’usage du crottin de cheval au jardin. Le plus souvent pour dire qu’il faut être prudent parce que ça brule !

Et j’ai testé. Sur un terrain nu, j’ai jeté des graines, des fonds de sac (fèves, maïs, luzerne…,). Puis j’ai mis une bonne couche, au moins 10 cm de crottin de cheval dessus. Parfois du très frais, parfois du plus vieux, selon les arrivages. Et tout a germé ! Et j’ai eu de belles plantes, avec très peu d’arrosage.

camion benne et brouette de crottin
camion benne et brouette !

Ailleurs, je mets aussi fréquemment que possible du crottin, plus ou moins frais selon ce que je trouve. Au moins 2 tonnes / 5 m3 pour 100 m2, deux ou trois fois plus si je trouve la matière.

Ensuite, je paille largement.

Résultat ? De très belles productions ! Le sol de culture est bien noir, souple, presque du terreau.

Mis en surface, pas enfoui dans la terre, pas de passage de motoculteur, pas de grelinette, pas de labour. En surface !

Évidemment, impossible de semer, avec la paille en surface. Donc presque tout est semé en pépinière puis planté.

Le plus souvent j’utilise de la toile “hors sol”, comme on peut voir sur les rond-points, pour limiter les mauvaises herbes adventices. Parce que le crottin apporte pas mal de graines et notamment du pourpier, de l’amarante, des chénopodes, …. La toile permet aussi de conserver l’humidité et favorise ainsi la vie du sol.

Le crottin ne brule pas les plantes. Si je peux résumer : le cheval pisse l’azote et chie le carbone. Le crottin contient très peu d’azote, c’est aussi pour ça qu’on le trouve gratuitement. C’est un amendement pauvre, pas un engrais, comme peuvent l’être les fumiers des ruminants (fumiers donc ramassés dans une stabulation, avec l’azote de la pisse).

Le crottin a subi une première digestion rapide, le cheval est un monogastrique, les fibres végétales sont broyées, partiellement digérées. Cela fait un très beau terreau en quelques mois ! Les adventices se développent très bien aussi, mais dans un sol meuble, elles s’enlèvent facilement si on s’y prend assez tôt.

Ces fibres pré-digérées, courtes, sont très vite absorbées par le sol, par la vie du sol et un apport annuel est à peine suffisant.

pourquoi je plante des choux

Eenre autre parce que cela fait sens

.

https://youtu.be/j9weQgrd8Cw minute 58

Mas je comprends que cela puisse sembler bizarre de quitter un métier qui paie bien pour une activité qui paie si mal.

Potimarrons

Potimarrons

Voici les premiers potimarrons de l’année !

C’est un essai de culture sans travail du sol, pour préserver la structure et la vie de la terre.

Entre les 2 serres, le sol a été laissé en jachère tout l’hiver. En avril 2022, passage à la débroussailleuse pour tondre et broyer les herbes dites mauvaises.

Ensuite 2 rouleaux de paille / foin (environ 300 kg) ont été étalés sur le sol et recouverts de toile de paillage.

Entre les 2 lés de toile, installation d’un système d’irrigation et plantation des plants de potimarrons.

Irrigation de mai à mi-aout et voici le résultat !

Maintenant : récolte et stockage des potimarrons puis préparation du terrain pour les choux d’hiver : enlever les toiles de paillage, couper / broyer les mauvaises herbes, ajouter du crottin de cheval et de la paille pour nourrir les vers de terre, remettre les toiles de paillage et l’irrigation. Et planter les choux. Tout ça sans travail du sol.

prix à la mi aout 2022

  • poivrons aubergines tomates : 2€50 /kg
  • courgettes , concombre : 1€50 / kg
  • salade : 1€ pièce

C’est du Bio certifié, cultivé sur un sol vivant, sans aucun pesticide. À venir cueillir ou chercher sur place. (me prévenir pour des quantités importantes).

Et parfois, on me dit que c’est cher… tant mieux si vous trouvez aussi bien et encore meilleur marché ailleurs. Je ne lutte plus, je n’argumente pas. Le marché est libre. Mais je doute …

Je ne suis pas d’un naturel pessimiste, mais je pense que bientôt, les gens referont ou auront envie de faire des jardins, des potagers. Pour la qualité peut être, pour le prix plus probablement. À la rentrée, avec un concurrent collègue maraicher, on pourrait proposer des initiations d’un demi-jour, pour aider au démarrage et prendre un itinéraire technique accessible et peu fatiguant. Parce que ce n’est pas si facile, si simple d’arriver à produire sans pesticides.

Il en restera qui ne pourront pas cultiver de façon économique et écologique chez eux…, !

14/08/2022. Bilan des canicules : le métier devient très dur, la chaleur trop élevée fait baisser les rendements, complique très fort les cultures, réduit les temps de travail : très pénible de travailler dans les serres après 09h du matin et ça devient pénible à partir de 10h30 dehors. Et difficile de reprendre le travail le soir, ou juste pour irriguer.

Les prix des intrants (engrais bio, toiles de paillage, plastique des serres, voile d’ombrage, matériel d’irrigation, eau d’irrigation ,…) augmentent et les prix au détail vont suivre. Et je ne serais pas étonné de voir des difficultés d’approvisionnement prochainement.

Solaris et moi

Avec le téléphone et Telegram, je lis les messages de Solaris 30 & 34, me suis abonné à “Solaris34 Alimentation” où j’ai signalé mon activité de maraicher et www.les-aspes.fr

Quelques explications de plus.

Il y a quelques mois, une amie ayant rejoint une cellule Solaris 30 me dit qu’elle ne m’a pas proposé de rejoindre la cellule, parce que j’ai trop à offrir et rien à demander 😉 … c’est gentil, mais ce n’est pas exact.

Il y a un autre aspect, propre aux petits villages : nous avons, pour ceux qui sont installés depuis quelque temps, un bon réseau de copains ou de connaissances et donc pas réellement besoin de formaliser ou d’adhérer à un nouveau type de réseau.

Nous avons aussi au village, l’initiative de l’association AgIR, qui promeut la relocalisation. C’est un premier pas, mais c’est loin d’être suffisant.

J’ai rejoint les usagers de Ĝ1, une monnaie libre, https://cesium.app/fr/ autre premier pas, autre possibilité.

Je reviens vers le réseau Solaris dont mon amie pense que je n’en ai pas besoin … D’abord, les conditions peuvent changer et si je ne suis pas en demande d’aides actuellement, ça peut changer. Et ensuite, https://youtu.be/MEO09wSbt6M à la fin, explique bien que le réseau social, le vrai, est la meilleure solution pour traverser le futur proche avec bonheur.

Je suis producteur de légumes bio et j’ai besoin des autres, j’ai besoin de clients. Pas pour me faire des couilles en or, si c’était possible, tout le monde ferait du maraichage (Et d’ailleurs, qui fait encore un potager cher lui ? La part de l’alimentation dans le budget n’a jamais été aussi faible). Et pas vraiment pour avoir de l’aide au jardin. Mais ce n’est pas tout.

Sur http://les-aspes.fr/2022/06/18/le-juste-prix-2/ j’ai trouvé une méthode pour fixer un prix “juste”. Juste pour le client. Parce que si vous avez un travail payé au SMIC ou plus, gardez-le, le maraichage est vraiment fatiguant et ça ne paie pas. Mais ce n’est pas le plus important.

On n’est pas encore arrivé à un stade ou l’échange peut se passer de monnaie. Donc il y a encore échange d’€ contre …. et c’est là que je dois expliquer. Finalement, on arrive à l’échange contre des kilos, parce que cela simplifie tout. Mais en pratique, l’échange se fait entre des € et l’ensemble de ma démarche respectueuse de la nature. Je nourris la vie du sol, je paille les sols, j’irrigue, je protège du gel, du froid, de trop de soleil, je gère les rotations et les assolements pour gérer les prédateurs des nuisibles (plus clairement : pour avoir des coccinelles qui mangent les pucerons il faut planter des fèves à l’automne, qui se feront envahir de pucerons au printemps et ….), je prends soin des abeilles, …. tout ça se résume en kilo et en €/kg. Ça me fait plaisir de voir des clients qui apprécient le travail et le gout des légumes. Et le prix au kilo me permet de continuer à avoir une vie satisfaisante, des journées agréablement remplies, entouré d’une nature qui va de mieux en mieux !:)
Sangliers compris ! 🙁

Alors, …est-ce que je vais rejoindre une cellule ? Ou en créer une ? Je ne sais pas. L’idée fait son chemin, je vais voir si d’autres m’en parlent.

Luc

Sur la consommation, je viens d’apprécier https://elucid.media/societe/la-societe-de-consommation-a-transforme-l-individu-et-le-monde-anthony-galluzzo

Sur le pouvoir d’achat, j’écrivais http://cafedupuech.com/2021/12/21/pouvoir-dachat/ en décembre 21….

Alors, …est-ce que je vais rejoindre une cellule ? Ou en créer une ? Je ne sais pas. L’idée fait son chemin, je vais voir si d’autres m’en parlent.

Luc

Voici les premières tomates !

Toutes ne sont pas comme ça (hélas). Ici, nous avons les 2 premiers bouquets, plus haut sur le plant, il y en a moins.

Et cela fait plaisir à voir quand même !

Vous avez reconnu les “cœur de bœuf” sur la photo. J’ai aussi planté des tomates rondes, lisses, les “St Pierre”, très bonnes aussi !

Les poivrons, les aubergines et les concombres arrivent aussi.

Et bien sûr les courgettes !

Sangliers

après le passage des sangliers, les plants de patate douce sont déterrés, le sol est creusé, la paille est enlevée

La plate bande de patates douces a eu de la visite dans la nuit ! Il n’en faut pas beaucoup pour remuer tout et là, 2/3 de la ligne est sens dessus dessous ! Les plants sont encore petits et il n’y a pas encore de tubercules sur les racines (ils en mangent !)

Le ou les sangliers sont aussi passés dans une serre, en remuant pas mal de terre, mais heureusement en épargnant les salades. La serre n’était pas “pleine”.

Les sangliers creusent la terre pour trouver les vers de terre et les larves. Et je suis arrivé un sol très riche en matière organique, avec des vers de terre de 20 cm de long. Forcément, ça donne envie, quand on est un gros cochon !

Me voici donc obligé de mettre une clôture électrique pour protéger les cultures. Moindre mal, mais un peu de travail en plus et notamment passer la débroussailleuse sous le fil de temps en temps.

Vente au jardin

En 2020, je me posais la question de la commercialisation des légumes. Puis j’ai presque tout vendu au café du Puech, soit directement pour la cuisine du café (au plus grand plaisir des clients qui ont eu du frais, du bio et du gout) et en vente directe à côté du comptoir.

2022, le Café du Puech est géré par Christian et Damien, qui me prennent quelques légumes, mais je n’ai plus ce point de vente.

Et j’ai de bons légumes, en petites quantités. Ceux qui ont déjà trouvé le chemin reviennent et en profitent. Parfois avec un système d’abonnement : un paiement initial et à chaque visite, on décompte Ce qui évite les petits paiements en pièces rouges.

J’ai maintenant un moyen de définir un juste prix, qui vous fait une belle économie de 40 % sur le prix “magasin”/ À moi de me débrouiller pour avoir une petite marge.

Passez donc voir le jardin et devenez un client habituel, abonné.

Pour mettre les cartes sur la table, je n’achète pas de produits phytosanitaires pesticides, j’utilise peu d’engrais bio et j’utilise de moins en moins le motoculteur. J’ai quand même des frais importants d’irrigation, de maintenance des serres , un peu de semences, un peu de transport de crottin et de paille / foin… et beaucoup d’huile de coude. Et l’huile de coude ne vient pas d’Ukraine !