Retrouver le goût (après le Covid)

Vous avez la possibilité de venir visiter le jardin avec les enfants et, selon les disponibilités (et l’age des enfants) de cueillir quelques légumes vous-mêmes. Les fraises arrivent bientôt !

Prendre rendez-vous , éviter les heures les plus chaudes, ….

5 6 7 …. avril 2020 disponibles :

  • des salades 1€
  • des choux raves, des blettes rouges, du persil, du céléri, , quelques fenouils, betteraves rouges, ….
  • des petits pois et des fèves … à cueillir si je n’ai pas le temps de le faire.
  • des plants de fraisier ‘mara des bois » et « garriguette »

Le reste pousse sous serre, patience …

Luc

Comment acheter des légumes ?

Il n’y a pas de restrictions particulière si ce n’est que les quantités sont limitées par la petite taille du jardin et mes 2 bras …. et que ce sont des produits frais, que je n’ai pas de chambre froide, que je n’ai pas les moyens de livrer à domicile, … donc c’est du frais, en petites quantités, disponible sur place.

Qui dit petites quantités dit aussi petits achats et petits paiements.

Par facilité, je vous propose d’ouvrir un compte dans un carnet et de créditer ce compte. 20 € ou 50 € et on décompte 1 € par salade, et ainsi de suite.

Je vais publier régulièrement les disponibilités et les prix, par email et sur ce site. Qui veut recevoir la liste des produits et prix ? ( -> contact@les-aspes.fr)

Il suffira de passer votre commande par email (contact@les-aspes.fr) , que je confirme et que je préparerai je jour même ou le lendemain.

Pourquoi un compte et un prépaiement ?

  • c’est pas facile de toujours trouver la monnaie
  • mes dépenses (terreau, semences, BRL eau, certification bio, assurance, …) se font par virement / cheque, CB et donc je dois aussi passer les recettes sur le CCP
  • etc.

Si cela vous intéresse d’ouvrir un compte, je vous envoie un RiP. Ce qui n’empêche pas de venir acheter des légumes et de venir avec de la petite monnaie. Ce n’est pas exclusif.

A bientot !

Luc

Mars 2020

En récolte actuellement, les plantations de l’automne et quelques salades du début d’année.

De l’automne :

  • les choux rouges, verts & fleurs. Je n’ai mis aucun traitement insecticide / biocide et … les résultats ne sont pas fameux. En automne, les feuilles étaient fort attaquées par les insectes (y compris chenilles), et les choux se sont mal développés. Les pommes des choux rouges et verts sont petites. Les choux fleurs ont végété jusque début mars , les fleurs sont apparues toutes en même temps, les clients habituels n’avaient pas envie de choux fleurs, …. les choux commencent à s’ouvrir et vont monter en graines. Les choux rouges, tous petits, sont montés, la majorité des choux verts aussi. Je laisse encore un peu, peut être que je pourrai récolter les graines.
  • les salades en extérieur. J’ai eu une belle récolte et j’ai pu assurer la fourniture au café du Puech , tous les jours.
  • les betteraves rouges, excellentes, pour ceux qui prennent la peine de les préparer. Il me semble que c’est le plus gros problème de ce légume, il salit les doigts, l’évier, …. Pourtant, rappé cru en salade ou cuit avec un peu de vinaigrette, c’est frais , c’est bon ….
  • les fenouils sous serre sont très beaux. Mais peu de personnes aiment. Là aussi, une « tatin » de fenouil, c’est excellent.
  • toujours beaucoup de persil plat. Le persil ne se vend pas réellement, il est offert avec les achats de légumes. Cela fait plaisir.

Sous serre aussi mais plantés plus tard (peut être même un peu trop tard) : des épinards et des blettes (à carde rouge). Les petites feuilles sont très bonnes en salade, les feuilles plus grandes peuvent être cuites (épinards) ou faire partie d’un potage. Des navets aussi (navets jaunes type boule d’or) : excellent. Tellement bons que je les mange crus, émincés en accompagnement de salades. Là aussi, le navet a peu de succès à la vente ….

Les fèves ont été semées en décembre. Belle croissance et déjà des jeunes gousses à manger. Petite quantité pour les connaisseurs.

Les radis semés en janvier ont été récoltés et se sont bien vendus. 6 semaines de patience quand même pour pouvoir récolter. Un nouveau semis est fait (mi-mars).

Début janvier, un essai de petits pois est très prometteur. Il y en aura peu mais ils sont très bons. Mais quel travail pour récolter … et il en faut beaucoup pour une portion.

En janvier, sous « serre chaude », semis des tomates, aubergines, poivrons. Levée irrégulière, surtout des aubergines (nouveau semis de 50 graines mi-mars). Des tomates sont déjà plantées sous serre, c’est un peu tôt, 10-15 cm de hauteur, … Les aubergines et les poivrons peuvent encore attendre 1 bonne semaine en godet avant plantation.

En février semis des courgettes, plantées mi-mars sous serre (ouverte). Gel à -4° ce 25 mars, .. les plants ont souffert. On va voir ce qui résiste, ce qui reprend.

En mars, sous serre chaude, semis des oignons, des poireaux, betteraves rouges, coriandre (bonne levée).

Pour bientôt : semis de concombre en godet, semis de haricots (pour haricots verts).

AMAP ? Vente en ligne ?

Est-ce que je vais proposer des paniers et un contrat type AMAP ?

Non …

Je ne suis pas prêt pour garantir une production hebdomadaire suffisante et satisfaisante et signer un contrat. Il me faut encore acquérir une expertise dans les différentes cultures et assurer de la production. Je ne suis pas encore assez équipé pour protéger les plants du gel (par exemple), je refuse les biocides (et donc je risque des échecs de production), … donc, non, je ne suis pas prêt pour pré-vendre sereinement des paniers.

Par contre, je crois que c’est une bonne idée de tenir des comptes de clients et décompter selon les livraisons. Je m’explique. Un client verse 20€, j’ouvre une page dans un carnet et ce « compte » est débité à chaque livraison. Régulièrement, j’informe des disponibilité et des prix. Virement, chèque ou paiement le liquide, cela a peu d’importance.

Avantage pour moi : financement de la production (il faut investir de 3 à 6 mois avant la vente) et avantage pour tous : pas d’échange de monnaie (le COVID va peut être accélérer la disparition du liquide).

Cela n’est possible qu’avec des personnes qui ont « confiance » dans la capacité de production et qui sont quand même d’accord sur les principes de culture et notamment le risque que le refus de biocides fait peser sur la production. Et pour ça, rien de tel qu’une visite du jardin. Risque limité … si l’oïdium détruit les concombres, les tomates, poivrons, courgettes, salades, pommes de terre, … peuvent compenser.

Vente en ligne ? J’ai fait le site de vente en ligne … mais ma production est limitée et très locale. Et la livraison doit quand même se faire en direct. Donc non, … je ne serai jamais l’AmaZon du légume ! Tant pis.

Comment je cultive ….

Mes principes : maraîchage sur sol vivant (ce qui n’est pas facile et rapide en partant d’anciennes vignes)

  • pas de biocides / pesticides … y compris pas de cuivre (bouillie bordelaise, sulfate de Cu, … le cuivre est toxique. Il est accepté en bio, par pragmatisme, ce qui ne veut pas dire que c’est bon …). En 2019, je n’ai eu aucun problème (sauf sur les choux et les poireaux). Il y a eu un peu de mildiou sur des plants de tomate mais sans gravité et un peu d’oïdium sur les courgettes : il faut supprimer les parties malades, enlever les feuilles et voir ce qui se passe.
  • un maximum de matière organique. J’ai trouvé des balles de paille, de foin, … et , merci à eux, j’ai pris tout le fumier de cheval du domaine du Vallon (ex écuries du Vallon) à St Hilaire de Beauvoir. Une heure et demi pour charger le petit camion, à la fourche. Environ 4 heures pour décharger le camion (fourche et brouette) et mettre tout sur le sol. Autant dire que je charge ! Je teste. Je teste avec 20 cm d’épaisseur. Et ça marche, je ne reconnais plus le sol après 2 ans : texture, nombre de vers de terre, couleur, …. donc je continue. Pour les cultures sous serre, je paille avec du crottin et j’ajoute une toile hors sol, pour éviter de désherber.
  • Le moins de travail du sol possible. Pour 2 raisons :
    1. c’est fatiguant et je ne suis pas équipé pour remuer le sol (et pourquoi remuer le sol si les vers de terre le font mieux que moi ?)
    2. cela nuit à la vie du sol, à la structure du sol
  • ne pas jeter de plastiques, ou le moins possible. Il est d’usage de planter sur du plastique noir très fin, qui ne fait que la saison et qui part à la poubelle dès la première récolte. (On voit aussi des « mers » de plastiques pour les cultures de melon, dans les campagnes, quel gaspillage … !) Mais le plastique a quand même une qualité fort appréciable, que le dos apprécie, quand on compare au désherbage manuel, indispensable sans plastique. La paillage, paille / foin / crottin de cheval … marche aussi mais nettement moins bien. Solution plus durable trouvée : la toile hors sol en polypropylène (comme on voit sur les rond-points). C’est nettement plus cher mais cela dure au moins 3 ans.
  • Progressivement : je m’équipe en matériel d’irrigation goutte à goutte. Sans automatismes, il faut quand même tout vérifier tout le temps, nettoyer les filtres, vérifier que tout fonctionne, irriguer plus ou moins selon l’état des cultures, … Le goutte à goutte permet d’économiser l’eau. L’irrigation avec le Bas Rhône n’est quand même pas donnée. Environ 500 € par an.
  • Label « bio ». J’ai déjà parlé de ce label, que j’aurai en août 2020, après 3 ans de purgatoire réglementaire et environ 1500 € de frais de certification. Avec toujours le doute de la pertinence de cette dépense.

Désherbage bio

Les Sarcleuses est un tableau de Jules Breton, peint en 1860. Dans une plaine, quelques femmes arrachent les mauvaises herbes d’un champ; le soleil, sur le point de disparaître derrière la ligne d’horizon, ne montre plus que la moitié de son disque, et déjà brille la lune. Une des sarcleuses se tient debout, au second plan, les deux mains derrière la taille. Cette toile, très belle de couleur, a paru au Salon de 1861 et a été réexposée en 1867. 

Dans la version moderne, les sarcleurs ont moins mal au dos ….

On peut se passer de désherbant et presque de mécanisation … mais cela demande des efforts.

J’ai trouvé cette vidéo sur http://seppi.over-blog.com/2019/06/expliquer-le-desherbage-avec-un-tableau-les-sarcleuses.html site que je ne recommande pas, je ne suis pas sûr que l’auteur soit totalement libre de l’industrie qu’il défend fort énergiquement.

Au jardin des Aspes, la paille en couche épaisse ou le crottin de cheval en couche épaisse aussi donnent de bons résultats, il y a peu d’herbes folles et les arracher à la main est relativement facile. Cela reste quand même pas mal de travail. Il faut évidemment semer en godets / plaques puis planter au travers du paillis.

Pour éviter de désherber on peut aussi utiliser du plastique noir, très fin. Mais voilà, il faut acheter (ce n’est pas très cher) puis jeter ce plastique. Cela fait vite des centaines dizaines de kilos et du volume. Cultiver sans (jeter des ) plastiques n’est pas facile ….

PAC PRIX AIDES- Marc Dufumier

Marc Dufumier est agronome et enseignant-chercheur à AgroParisTech

Et il écrit un article dans la revue Alternatives économiques : https://www.alternatives-economiques.fr/paysans-devraient-etre-payes-services-rendus-a-lenvironnement/00087926

Quelques extraits :

Car notre agriculture actuelle est à bout de souffle ; non seulement elle ne permet plus à la majorité des paysans de vivre correctement de leur travail, mais elle est aussi à l’origine de graves pollutions et nombreux sont les consommateurs qui mettent désormais en doute la qualité sanitaire et nutritive de nos produits agroalimentaires.

Les aides et subventions accordées jusqu’à présent aux agriculteurs en proportion de leurs surfaces disponibles ont eu en effet des conséquences particulièrement néfastes en incitant ces derniers à agrandir toujours davantage leurs exploitations et à y pratiquer à toujours plus grande échelle des systèmes de production de plus en plus spécialisés, avec un recours à des engins motorisés de grande puissance et un emploi accru de produits pesticides.

Le moment est donc venu de concevoir une toute autre politique agricole commune qui soit capable d’assurer un revenu décent aux paysans en les incitant à pratiquer des systèmes de culture et d’élevage plus conformes à l’intérêt général.

Il conviendra de rémunérer des paysans qui s’engageront à pratiquer de nouveaux systèmes de production agricole combinant simultanément au moins trois des mesures suivantes : association agriculture/élevage, élevage sur paille avec production de fumier et recours aux engrais organiques, intégration de légumineuses alimentaires ou fourragères dans les rotations et associations de cultures, diversification des assolements avec mise en œuvre de longues rotations de cultures, établissement de haies vives et aires fleuries destinées à héberger les insectes pollinisateurs et autres animaux utiles aux cultures (coccinelles, carabes, mésanges, etc.), recours aux champignons mycorhiziens et autres bio-stimulants comme auxiliaires de la fertilisation des sols et de la protection des cultures, enbocagement des paysages, agroforesterie, etc. 
Il est vrai que ces formes d’agriculture moins industrielles, plus soignées et plus artisanales, sont aussi plus exigeantes en travail et ne pourront être mises en œuvre que si les paysans sont correctement payés pour ce faire avec les fonds de la PAC.

Le constat va faire son chemin dans les esprits : l’organisation actuelle de l’agriculture pousse au crime, pousse aux mauvaises pratiques. Les paysans ne peuvent pas lutter contre le soja OGM (sud)américain qui entre massivement dans l’alimentation et dans l’alimentation des animaux d’élevage. La mondialisation, l’ouverture sans conditions des frontières, est une bêtise et Maurice Allais l’a dénoncé avec force, en étant écarté des débats parce que le message dérange trop …

Il y a donc beaucoup de choses à changer, tout est politique, donc c’est possible. Probablement pas avec les mêmes politiciens (encore que ce sont de formidables girouettes). Il est urgent de le crier dans les oreilles des politiciens actuels, de bien voter aux prochaines élections.

Les salades sont pretes !

Depuis 2 semaines, sous serre, les salades sont protégées par un voile d’hivernage (appelé P17 par les professionnels parce qu’il pèse 17 grammes au m2). Alors sous cette ‘couverture’ fort légère, les salades ont bien supporté les nuits très froides (-5°) et profitent bien des journées ensoleillées .

Et elles sont bonnes à déguster ! Pensez à commander par téléphone ou passez au Café du Puech, soit en acheter soit en commander pour le lendemain.

Se passer de pesticides ….

C’est possible, la Conf’ le dit : https://www.confederationpaysanne.fr/rp_article.php?id=8567    Si les apsects agricoles / agronomiques sont plus ou moins connus, les itinéraires techniques comme on dit. Les difficultées viennent des aspects commerciaux et notamment de la concurrence lilvbbre et faussée.

[… ]…la Confédération paysanne revendique la fin des accords de libre-échange, la mise en place de clauses de sauvegarde et l’application de prix minimum d’entrée pour les fruits et légumes importés. C’est cet ensemble de propositions qui permettront, via la transition agricole permise par la PAC* et des politiques publiques volontaristes inscrites dans la durée, une réelle sortie des pesticides.[… ]

L’ensemble des propositions fait peur / rêver … la fin des accords de libre-échange, alors que nos gouvernements s’empressent d’en imposer de plus en plus ( TAFTA et autres).

Mais il nous faut y croire, rêver à un mode meilleur et vivre aujourd’hui ce monde meilleur : cultiver sans pesticides, c’est possible. Ce n’est pas (très) rentable, mais c’est possible.

Luc